PÊCHE EXOTIQUE : Un premier voyage réussi

Le Blog par Smith Europe

 

Pour certains d’entre nous, un voyage de pêche exotique est LE graal ! Quelquefois le seul de sa vie… comme un aboutissement à sa passion pour la pêche. On en rêve, on économise des mois, des années pour concrétiser ce but ultime.

Au cours de mes derniers voyages j’ai pu amasser des données communes à chaque destination et qu’il est préférable de connaître avant de partir…

 

PSYCHOLOGIE :

C’est peut-être le plus important car ce sont vos attentes, votre état d’esprit qui va conditionner le plaisir ressenti. Ce n’est pas parce que vous allez à l’autre bout du Monde que des poissons gigantesques vont sauter sur vos leurres. Il faut mentalement intégrer le principe suivant :

Dame Nature est la plus forte et elle ne vous donnera que ce qu’elle veut ! Il faut s’y préparer et se plier à ses volontés. Météo, courants, saisons peuvent à eux seuls changer la pêche. A vous de vous adapter et n’attendez pas l’inverse ! Vous avez lu qu’il était possible de prendre 120 carangues sur le lieu de votre destination. Commencez par vous fixer comme objectif 1 poisson.

Une carangue c’est mythique et vous n’en avez jamais attrapé de votre vie ! Alors 1 carangue c’est génial ! Et puis si vous en prenez 10 vous serez ravi et votre voyage sera réussi. Si votre objectif est 120 et que vous en prenez 60 vous serez déçu ! Exotique ou pas la pêche reste la pêche. Ne partez pas avec des objectifs ; profitez pleinement de ce que la Nature vous prête !

 

Un seul de ces poissons vous laisse un souvenir à vie.

 

 

CHOISIR SA SAISON :

Si vous cherchez de la Coryphène en avril au Costa Rica, vous n’avez aucune chance. Il peut y avoir des mois plus propices à la recherche de tel ou tel poisson. En fonction de vos souhaits, bien demander conseil au voyagiste. Renseignez-vous sur les horaires de pêche pratiqués par le camp, comparez avec les horaires de marées, la Lune… Vous pouvez aussi lire Voyages de Pêche, rubrique « ils en reviennent, ils racontent » pour acquérir quelques infos.

 

CHOIX DU MATÉRIEL :

Pour les cannes et moulinets vous devriez trouver assez facilement les renseignements nécessaires et ce dont vous avez besoin. Concernant les leurres, méfiez-vous simplement des dernières nouvelles toutes fraîches ! Ce n’est pas parce que le poisson réagissait bien au popper de 15cm la semaine d’avant qu’il en sera de même pour vous ! Dans la mesure du possible essayez de prévoir large sans forcément accumuler les quantités mais quelques leurres souples, casting jigs, petits leurres à bavette type Lourdish 95 ne sont pas de trop !

 

Tri du matériel et préparation la veille du premier jour de pêche

 

 

POIDS DES BAGAGES :

Élargir sa gamme de leurres implique plus de poids dans la valise ! Une petite astuce : dans 80% de mes expériences de voyage, il était possible d’acheter sur place ou à l’aéroport de destination les shampoing, gel douche, dentifrice, crème solaire… On gagne vite 1 bon kg ! Idem pour le spray antimoustique, celui utilisé sur place est souvent plus efficace que le produit spécial tropique acheté en France.

Si vous voyagez avec votre conjointe et qu’elle ne peut se séparer de son sèche-cheveux, sachez que même avec un adaptateur, beaucoup de pays sont en 110 V ce qui est insuffisant pour le fonctionnement des appareils à grosse consommation électrique comme le sèche-cheveux.

 

PRÉPARATION PHYSIQUE :

Suivant les destinations elle n’est pas indispensable. Pensez simplement que vous allez peut-être enchainer 40 heures de pêche dans la semaine. Si vous êtes pêcheur occasionnel, votre corps pourrait vous le rappeler ! Deux mois avant le départ, des longueurs en piscine à raison de 4 heures hebdomadaires devraient vous dérouiller.

 

En fin de journée, pleine chaleur, on est content d’avoir entraîné un peu son corps

 

 

LOGISTIQUE AVANT LE DÉPART :

Vous avez payé votre séjour, les billets d’avion, acheté une valise de 82cm pour loger vos cannes de voyage OLP. Vous vous pensez prêt. Etes-vous certain que votre carte de crédit fonctionne dans le pays de destination ? et le téléphone ? Avez-vous pris rendez-vous chez votre médecin traitant afin qu’il vous prescrive le minimum pour faire face aux éventuels problèmes que vous pourriez rencontrer ? (Les camps de pêche sont souvent isolés, éloignés de structures médicales). Antibiotique à large spectre, anti diarrhéique, anti inflammatoire etc…

En connaissance de cause, mon premier voyage m’a fait découvrir l’hôpital cubain… pas mon meilleur souvenir… Vous êtes-vous inquiété des assurances ? Rapatriement sanitaire, vol etc… Avez-vous un adaptateur correspondant aux prises électriques du pays ?

 

GUIDES LOCAUX :

Ils connaissent parfaitement leur zone avec quelquefois la tendance à vous emmenez sur les meilleurs spots en fin de programme. Cela vous permet au début de prendre en main le matériel et de vous habituer au bateau. Vous lancerez mieux, plus loin et avec un meilleur équilibre en fin de séjour. Vous pouvez faire confiance bien sûr mais n’hésitez pas non plus à essayer des choses qu’ils ne connaissent pas forcément !

Je me rappelle les années 2000 et mes premiers voyages à Cuba. Systématiquement les guides conseillaient le coloris tête rouge / corps blanc. Ils ne connaissaient pas le dos rose / flanc argent et pourtant cette couleur fût de loin la meilleure lors de plusieurs voyages !

Comme vous c’est un humain ! Il ressent la peine, la colère, la déception, la joie ! Dans la très grande majorité des cas il va tout faire pour vous et il en connaît plus que vous ! Si c’est vous qui préparez votre casse-croûte du midi la veille à l’hôtel faîtes lui en profiter ! N’oubliez pas non plus le pourboire ! Un Américain donne 300$ pour 1 semaine. Un Italien environ 150$. Je pense que l’italien est dans le vrai…

Les français ont tellement mauvaise réputation que certaines destinations les évitent alors je conseille de faire connaître vos intentions au début du séjour de façon très simple : « Let’s have a deal together ! A good fishing week for one hundred and fivty dollars tips ! » Ce n’est pas de l’anglais littéraire mais chacun comprendra : « Ayons un deal ensemble ! Une bonne semaine de pêche pour 150$ de pourboire ! »

 

LA ROUE TOURNE :

Phénomène inexpliqué mais que j’ai rencontré une bonne dizaine de fois. Imaginez 3 bateaux de 2 pêcheurs pêchant sur la même zone avec en gros le même matériel. Le 1er jour le bateau « A » fait carton plein ! le « B » réussi une pêche moyenne et le « C » ne fait presque rien. Le 2éme jour c’est le « B » qui réussit tout, le « A » frôle la catastrophe et le « C » réussi une pêche moyenne. Et ainsi de suite pendant 5 jours.

En moyenne cela donne 1 voire 2 excellentes journées, 2 ou 3 journées moyennes à correctes et 1 journée très médiocre voire nulle. Je n’ai jamais compris pourquoi ! j’ai simplement intégré que sur un séjour, il faut accepter une mauvaise journée.

 

NO KILL :

La prise de poissons est souvent synonyme de nourriture pour les locaux et plaisir culinaire pour les pêcheurs. Premièrement VOUS êtes le client et VOUS décidez. J’ai eu à faire à des guides qui gaffaient et tuaient tous les poissons ! Ils ont très vite compris que çà allait très mal se passer et seuls certains poissons dont moi-même autorisais le prélèvement finissaient dans la glacière. Une Carpe Rouge (Cubera) de 20/25kg des Caraïbes peut avoir 25/30 ans ! Si vous prélevez ce poisson il faudra attendre ¼ de siècle pour le remplacer !

Deux exemples : Il y a pas mal d’années Rodrigues est devenu rapidement un haut lieu de la carangue GT aux leurres de surface. Des photos circulaient avec des dizaines de cadavres étendus sur une plage de sable…

Quelques années après, plus rien en surface… Il fallait les pêcher au Jig dans 40/60 mètres de fond ; les poissons montaient en surface les yeux exorbités, la vessie natatoire gonflée. Et aujourd’hui ? Rodrigues est un lieu de départ pour pêcher les bancs du large mais les pêches qui ont fait sa renommée à l’époque n’existent plus.

Idem pour Cuba que j’ai connu comme destination de pêcheurs à la mouche. Peu de gens utilisaient le spinning. En 2000 nos prises aux leurres étaient nombreuses et variées avec des poissons exceptionnels. 22 ans se sont passés et après y être retourné 10 fois j’abandonne définitivement cette destination tant la richesse de la faune aquatique, de l’hospitalité cubaine se sont appauvries.

 

C’est vous le maître à bord et qui décidez du No Kill. Indispensable pour sauvegarder les espèces.

 

Bien heureusement d’autres destinations se sont ouvertes par le monde. Encore vierges ou presque, elles vous donneront toute satisfaction. Il faut simplement prendre conscience qu’il est nécessaire de les préserver car notre impact et bien plus grand que vous ne pouvez le penser. Revenons-en aux prélèvements ! On ne prélève pas les Tarpons, poissons coqs, carpes rouges mais on s’autorise à se délecter d’un carpaccio de thon jaune, de coryphène, d’un snapper à la plancha !

Bref pour votre futur et celui de nos enfants il est possible de prélever raisonnablement des poissons à fort taux de grossissement et qui ne sont pas menacés. (Attention aux barracudas, carangues, souvent infectés par la ciguatera. Si les locaux ont pu s’immuniser avec le temps, vous vous n’y êtes pas !)

 

MÉNAGEZ VOUS DES MOMENTS D’ENRICHISSEMENT PERSONNEL :

Vous partez loin ! Dans un lieu que vous ne connaissez pas ; alors OK il y a la pêche mais il serait quand même dommage de revenir sans avoir découvert un tout petit bout du pays ! Votre voyagiste vous a réservé une semaine au camp de pêche mais il est souvent possible de décaler le vol retour, de louer une chambre dans un petit hôtel sans que cela vous coûte cher et de s’immerger un peu dans la vie locale.

Découvrir la gastronomie (s’il y en a !), la faune et flore locale, l’artisanat, les coutumes etc… Je ne peux pas tout expliquer ici, cela serait trop long, mais ces journées « off » de pêche m’ont apporté autant que les beaux coups de ligne que j’ai pu faire ! Des souvenirs inoubliables d’une grande richesse.

 

Un voyage de pêche dans un pays lointain n’exclu pas la Culture.

 

 

OUVERTURE D’ESPRIT :

Ce n’est pas parce que vous avez payé et que vous allez à l’autre bout du Monde que les locaux vont comprendre vos besoins de petit Français. Coupez le cordon ombilical ! Un plat de haricots noirs avec du poulet est pour certaines destinations un luxe absolu ! Sachez vous imprégner et apprécier. Gardez l’esprit d’un aventurier découvreur et évitez celui du conquistador.

 

Rencontre fortuite : Elian et son incroyable moto montée de toutes pièces

 

Je me souviens d’une belle rencontre avec un barman de nuit. Tous les jours j’allais prendre un café vers 3h30 du matin avant de partir à la pêche. Jours après jours la discussion s’est ouverte !

Premièrement il n’a jamais totalement cru que j’étais Français tant mes compatriotes l’insupportaient alors je lui ai dit que je venais du Pays de Gex dans l’Ain à la frontière de la Suisse. La réponse a semblé lui convenir… Puis il m’a dit un jour : « Vous avez de la chance vous Français ! Vous avez la sécu ! Tout gratuit ». J’ai répondu : « Oui c’est vrai ! Mais on a aussi 200 000 sans abri pendant que ton gouvernement donne un toit à chaque habitant ». Les jours qui ont suivi ; j’ai ressenti que nous étions amis !

 

CONCLUSION :

Une bonne préparation, zen attitude, une touche d’humilité, de curiosité et votre voyage sera réussi ! Car la Nature est somme toute généreuse avec ceux qui la respectent.

Olivier Meurant – Directeur Général SMITH Europe

 

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